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L'Ouvroir de Littérature Potentielle (OULIPO) a été fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais. « Nous appelons
littérature potentielle la recherche de formes, de
structures nouvelles et qui pourront être
utilisées par les écrivains de la façon
qui leur plaira. (...) Il y a deux Lipos : une analytique et
une synthétique.
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« Il y a un décombre rhétorique sur lequel la littérature a fonctionné, continue de fonctionner et on se trouve devant...moi, j'avais une sensation de vide, une sensation de... Alors j'essaie de construire quelque chose à partir de ce vide, de cette sensation d'impossible, en me servant de règles, de contraintes, de structures extrêmement anciennes... » Georges Perec. Entretien avec Bernard Noël |
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Contrainte : Structure littéraire, nouvelle ou dont le potentiel de(ré)création reste entier, objective et le plus souvent mathématisable, choisie volontairement par un scripteur, lui permettant d'obtenir, par un traitement opératoire rigoureux, systématique, cohérent et prévu (mais pouvant souffrir des exceptions), des formes, parfois expérimentales, devant plus ou moins résister au lecteur. |
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Georges Perec. (contrainte du prisonnier) |
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Extrait de La Disparition |
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- 1966 : Georges Perec entre à l'Oulipo - 1970 : Grand Palindrome - 1973 : PALF :
Production Automatique de Littérature
Française - 1973 : La Littérature Potentielle (ouvrage collectif) - 1981 : Atlas de Littérature Potentielle (ouvrage collectif) - 1982 : Hommage de l'Oulipo à Georges
Perec |
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« L'invention part toujours pour moi d'une invention formelle. Au départ il y a un besoin tracé d'écrire et ce besoin d'écrire trouve sa source dans une expérience personnelle ou dans quelque chose qui m'arrive et qui est ensuite transformé au moyen d'une invention formelle. (...) quand on établit un système de contraintes, il faut qu'il y ait aussi l'anti -contraintes dedans. Il faut - et c'est important -, détruire le système des contraintes. Il ne faut pas qu'il soit rigide, il faut qu'il y ait du jeu, comme on dit, que ça grince un peu ; il ne faut pas qu'il soit complètement cohérent ; il faut un clinamen - c'est dans la théorie des atomes d'Epicure : " le monde fonctionne parce que au départ il y a un déséquilibre ". Selon Klee, " le génie, c'est l'erreur dans le système".» « Cette activité d'écriture pour moi est une manière continuelle de me définir par rapport au monde dans lequel je suis, en essayant de le comprendre, en essayant de jouer avec, en essayant de l'interpréter, de le dominer par la parole. Je ne suis pas le langage, j'essaie de le contourner, ou de me réfugier dedans pour produire des choses qui m'amusent, qui font que je décris des choses avec jouissance. » Entretien avec Ewa Pawlikowska |
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La leçon de l'Oulipo est simple autant qu'efficace.(...) Mais l'Oulipo n'a pas seulement restauré la notion de contrainte. Il en a souligné la nécessité autant que le caractère arbitraire, contingent, insolemment futile. La règle oulipienne est toujours énoncée comme une règle d'un jeu, dérisoire dans sa rigueur même, forte de sa seule obstination ou de son automaticité déconcertante. L'entreprise oulipienne, pourtant obsédée par les contraintes et les nombres, obéit à une logique vitaliste. Ce n'est ni une férocité destructrice, ni une folie de dérision, mais une volonté régénératrice qui fait inventer aux oulipiens des règles, codes et astreintes susceptibles de mettre en déroute les règles, codes et astreintes que l'usage social a laissé se rouiller et se gripper. Le jeu oulipien ne défait une ordonnance que pour en mettre en place une autre - nécessairement inattendue, presque immanquablement incongrue. Claude Burgelin |
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