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« Ce n'est pas par hasard si dans les années trente, on appelait "Sphinx" celui qui composait les grilles, et "Oedipe" celui qui tentait de les résoudre. La popularisation croissante de la psychanalyse a chargé ces termes de connotations troublantes, mais il n'en demeure pas moins, d'une part que la devinette posée par le Sphinx était, si j'ose m'exprimer ainsi, d'une simplicité aveuglante, et d'autre part, que ce qui est en jeu, dans les mots croisés comme en psychanalyse, c'est cette espèce de tremblement du sens, cette "inquiétante étrangeté" à travers laquelle s'infiltre et se révèle l'inconscient du langage. » Georges Perec. |
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« Pourquoi jouer, alors ? se
demanderont certains qui pourront trouver paradoxal qu'on
puisse s'adonner à un jeu qu'on ne maîtrisera
jamais. Il n'existe qu'une seule activité à laquelle puisse se raisonnablement comparer le GO. On aura compris que c'est l'écriture. » Petit traité invitant à la découverte de l'art subtil du go |
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« Chacun des cent soixante seize textes de ce recueil est un onzain, un poème de onze vers, dont chaque vers a onze lettres. Chaque vers utilise une même série de lettres différentes, quelque chose comme une gamme, dont les permutations produiront le poème selon un principe analogue à celui de la musique sérielle : on ne peut répéter une lettre avant d'avoir épuisé la série. Tous les poèmes ont en commun les dix lettres les plus fréquentes de l'alphabet français : E,S,A,R,T,I,N,U,L,O. La onzième lettre est l'une des seize lettres restantes. Il y a onze poèmes en B, onze poèmes en C, etc...» Georges Perec |
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« J'ai choisi d'appeler " poésie " des textes engendrés par des contraintes difficiles.(...) Je n'envisage pas pour l'instant d'écrire de la poésie autrement qu'en m'imposant de telles contraintes, même si je les assouplis. (...) L'intense difficulté que pose ce genre de production et la patience qu'il faut pour parvenir à aligner par exemple onze "vers" de onze lettres chacun ne me semble rien comparées à la terreur que serait pour moi d'écrire " de la poésie" librement. Mais peut-être oserai-je un jour le faire. » Entretien avec Jean-Marie Le Sidaner |
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- Claude BURGELIN : Georges Perec. Editions du Seuil. Collection Les Contemporains. - Bernard MAGNE : Georges Perec. Editions Nathan Université. Collection 128. - David BELLOS : Georges Perec, une vie dans les mots. Editions du Seuil.
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« Le poème se présente comme un message chiffré, enclos dans sa perfection numérique, devenant poésie pure de n'apparaître que comme une sorte d'algèbre de la lettre, illisible. La prose ne ferait ensuite que la monnayer, la diluer peut-être en offrant sa traduction et ses possibilités de lisibilité. La perfection blanche trouverait dans ces carrés noircis de lettres un accomplissement possible tandis que, en miroir, les mots partiraient se contracter en blocs de glace, éclats durcis, échouages hautains, venant parfois interroger ce qui fonde énigmatiquement leur assemblage. » Claude Burgelin |
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