Eulalie Foucaud De Langlade

On sait fort peu de choses d'Eulalie Foucaud, sinon par les lettres de Flaubert, qui la rencontra à Marseille en 1840, lors de son voyage vers la Corse.

Ce fut une aventure charnelle, évoquée dans Novembre, avec une femme de trente-cinq ans, revenant d'Amérique du Sud.

Ils restèrent quelques temps en correspondance, mais toute trace d'Eulalie fut rapidement perdue.

Flaubert ne manqua cependant pas d'aller revoir la maison de leurs amours à chacun de ses passages à Marseille, ainsi qu'il le raconta aux Goncourt.

« J'irai voir Mme Foucaud née Eulalie Delanglade, ce sera singulièrement amer et farce, surtout si je la trouve enlaidie comme je m'y attends. Le bourgeois dirait : Vous aurez là une grande désillusion. Mais j'ai rarement éprouvé des désillusions, ayant eu peu d'illusions. Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d'illusions ; comme si la désillusion n'était pas cent fois plus poétique par elle-même ! »

A Alfred Le Poittevin. 2 avril 1845.

 

« A Marseille je n'ai pas retrouvé cette excellente tétonnière qui m'y a fait goûter de si doux quarts d'heure. Elles ne tiennent plus l'hôtel Richelieu. J'ai passé devant, j'ai vu les marches et la porte. Les volets étaient fermés ; l'hôtel est abandonné. A peine si j'ai pu le reconnaître. N'est-ce pas un symbole ? Qu'il y a longtemps déjà que mon coeur a ses volets fermés, ses marches désertes, hôtellerie tumultueuse autrefois, mais maintenant vide et sonore comme un grand sépulcre dans cadavre ! Avec un peu plus de soin, de bonne volonté, je serais peut-être parvenu à découvrir où elle loge. Mais on m'a donné des renseignements si incomplets que j'en suis resté là. Il me manque ce qui me manque pour tout ce qui n'est pas l'art : l'âpreté. - Et d'ailleurs j'ai un dégoût extrême à revenir sur mon passé, cependant que ma curiosité impitoyable demande à tout creuser et à fouiller jusqu'aux dernières vases. »

A Alfred Le Poittevin. 15 avril 1845.

 

« J'ai revu à Marseille la fameuse maison où, il y a 18 ans ! j'ai baisé Mme Foucaud née Eulalie de Langlade. Tout y est changé ! Le rez-de-chaussée qui était le salon est maintenant un bazar et il y a au premier un perruquier-coiffeur. J'ai été par deux fois m'y faire faire la barbe. Je t'épargne les commentaires et les réflexions chateaubrianesques sur la fuite des jours, la chute des feuilles et celle des cheveux. »

A Louis Bouilhet. 23 avril 1858.

 

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