Mlle Leroyer de Chantepie

Née le 31 Octobre 1800, Marie-Sophie Leroyer de Chantepie passa toute sa vie à Angers, où elle mourut à l'age de 89 ans, après avoir laissé quelques romans, et des articles publiés dans Le Phare de la Loire.

Déjà en relation épistolaire avec George Sand, elle entre en contact avec Flaubert en décembre 1856, après la publication de Madame Bovary.

« Ceci est peut-être le plus bel éloge que je puisse vous faire, nul auteur ne m'a fait tant de mal, et je regrette d'avoir achevé cette lecture, je crois que j'en deviendrais folle. Ah ! Monsieur, où donc avez-vous pris cette parfaite connaissance de la nature humaine, c'est le scalpel appliqué au coeur, à l'âme, c'est, hélas ! le monde dans toute sa hideur. »

Leur correspondance, irrégulière, se poursuivra jusqu'à la mort de Flaubert qui l'appelait « Mademoiselle et cher Confrère ».

Alors que les lettres de Mademoiselle de Chantepie ne sont le plus souvent qu'une longue lamentation sur son existence, celles de Flaubert l'informent sur ses projets, son travail, et sa conception de la littérature, tout en la morigénant :

«Enfin, mon conseil permanent est celui-ci : voulez !
En avez-vous essayé ? Prenez donc un parti ! Ne soyez pas lâche envers vous ! Mais non, vous caressez votre douleur comme un petit enfant chéri que l'on allaite et qui vous mord la mamelle. »

A Mlle Leroyer de Chantepie. 11 juillet 1858.

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